mercredi 19 mars 2008

Au retour de Bali

Au retour de Bali, il nous reste deux jours avant de reprendre le boulot. Comme c’est le week-end de « Chinese New Year », nous partons en quête de vestiges des festivités. Sur Orchard Road, certes, il y a du monde; mais plus loin ce ne sont que des quartiers fantômes. Celui de China Town pas vraiment moins qu’un autre. Il paraît que c’est terrible de ne pas pouvoir échapper à la ville, en cette période de l’année. La vérité, c’est que nous sommes plutôt déçus, une fois arrivés à destination… à une échoppe, nous choisissons des vêtements de marins pour des enfants d’amis de Gaëtan, puis découvrons un antiquaire avec de superbes meubles asiatiques. Il faut dire que le style commence à nous plaire de plus en plus… Notre balade se poursuit en direction de « Boat Quay », et nous traversons en plein milieu des routes désertes, comme si celles-ci avaient été barrées. Arrivés devant la rivière, nous hésitons un peu puis prenons un Mango Lassy sur la terrasse du célébrissime Fullerton Hotel. En direction d’Ichiban Boshi pour un dîner de sushis et sashimis, nous passons pour la première fois devant le Merlion, l’emblème de Singapour, le temps d’une photo au beau milieu des touristes.
Dimanche, après la rédactions des récits de Bali, c’est parti pour deux heures de shopping en solitaire sur Orchard, je passe un peu partout dans Ngee Ann City, même par le rayon français de la librairie « Kinokuniya »… je reviens avec une belle jupe et quelques produits de beauté. Ah, les filles, le shopping entre nanas, ca me manque ! La soirée se prolonge avec les téléphones pour les récits de Bali à la famille et à Caro, qui va commencer son nouveau job chez Chopard, tout bientôt.
Retour à la vie active, la journée devrait commencer par un peu de sport, mais c’est finalement rarement le cas. Le voyage en bus ne prend qu’une vingtaine de minutes jusqu’au quartier où nous travaillons tous les deux, mais Gaëtan est déjà parti depuis longtemps quand je me mets mon nez dehors. A mon arrêt, presque la moitié du bus descend. Il faut dire qu’il y a de la place dans les quatre immenses tours de quarante-quatre étages. Je marche un moment dehors, puis m’enfile dans les coulisses autour de la fontaine souterraine. Tout autour il y a des restaurants – partout… partout – mais ils sont encore fermés. Par contre dans le « food-court » que je traverse, la fête bat déjà son plein. C’est un peu le parcours du combattant, j’essaye de retenir ma respiration tout en me demandant comment diable tous ces gens peuvent se goinfrer, si tôt le matin, de « dumplings », soupes, mélanges de riz et autres plats asiatiques plus gras les uns que les autres, et dégageant des odeurs qui nous sont heureusement épargnées en Suisse. Je me dis bien que jamais je ne m’y ferai… En prenant l’escalator de ma tour, je respire à nouveau avant de faire la queue à l’un des 12 ascenseurs. Dernièrement je lis un livre pendant ces trajets que je connais maintenant par cœur. Au bureau ce sont les retrouvailles avec mon équipe si sympathique, mais malheureusement l’ambiance risque de s’éteindre à la fin du mois puisque Christine nous quitte. Heureusement que j’ai pris des notes les deux premières semaines, car ce sera difficile de se rappeler de tout !
Mardi à midi, j’ai rendez-vous avec Verónica, une mexicaine vraiment chouette. Tout comme moi, elle passe du coq à l’âne, interrompt à tout bout de champ et surtout elle est hyper enthousiaste comme fille. C’est un bonheur que de passer deux heures à bavarder en espagnol avec elle. Le soir, c’est la grande surprise… mon chef René m’emmène à un « event », et pas n’importe lequel : l’inauguration de la grande roue, la plus grande du monde pour l’instant. Durant l’apéro qui précède, il me présente un couple d’amis, qui sont ici grâce à lui, ainsi que plusieurs personnes avec lesquelles je vais être en contact à travers le boulot. Comme c’est gentil de m’avoir prise avec lui, j’en ai de la chance ! La seule chose c’est qu’à force de piétiner – qui ne connaît pas ce genre de situations ? – on attrape terriblement mal aux pieds. Et je n’échappe évidemment pas à la règle. Après deux heures d’attente, nous voici dans la queue pour grimper dans notre cabine. Dedans, une table est dressée (mais pas de chaises !!!!) pour pouvoir célébrer le « Low Hei », cette tradition Singapourienne qui consiste à soulever avec ses « chopstiks » un maximum d’ingrédients qui composent le plat commun. On prononce des « Gong Chi Fa Zai » en cœur, on en met partout et on rigole bien. Dehors la vue est magnifique, on voit toute la City illuminée, Floflo mitraille de son appareil, c’est une vraie pro à ce qu’il paraît, je me réjouis de voir les résultats… et de faire plus amplement connaissance avec elle! Bon, c’est bien joli tout ça, mais en attendant Gaëtan patiente sagement, ça fait à présent 3h que je trottine sur mes talons, et que j’ai sacrément mal aux pieds… « Il est temps de descendre, reprenons nos affaires… Quoi, encore un tour ??» Là, le ton est un peu moins joyeux, ça fait exactement 37 minutes de plus, et je suis à deux doigts d’enlever mes chaussures !!! Le deuxième tour est très sympa aussi, on parle un peu plus qu’on ne regarde par les fenêtres cette fois. Il est près de 21h quand René me ramène dans sa chouette Mini rouge. On a aussi reçu un tas de cadeaux dont des jumelles, un livre et un certificat de vol d’inauguration. »Haha, la classe ! » Que de choses à raconter à Gaëtan… Décidemment, cette semaine post « Chinese New Year », c’est la fête partout. Gaëtan a droit à la « danse du lion » devant son bureau – il faut se faire toucher par cette procession composée de musiciens et de trois ou quatre hommes qui doivent avoir bien chaud sous leur déguisement félin. Pendant ce temps, avec mes collègues, nous nous rendons au penthouse du 44ème étage de notre tour, le tout dernier. L’agence qui nous loue nos bureaux y a son QG, et nous sommes conviés pour le « Low Hei » à 11h. Le salé le matin, j’a-d-o-r-e ;-( A peine rentrés, il nous faut ressortir. Car nous avons une deuxième célébration du « Low Hei », décidemment ca n’en finit plus ! Vous vous rappelez la fontaine dont je vous parlais ? Celle que je contourne pour me rendre au boulot ? Eh bien elle s’appelle la « The Fountain of Wealth », la Fontaine de la Santé. Les chinois sont extrêmement superstitieux, bien plus que certains italiens. L’occasion est rêvée pour aller y faire un tour afin de gagner en chance, santé et prospérité. Nous tournons ainsi un bon nombre de fois en tendant le bras dedans, et en répétant « Gong Chi Fa Zai » en chœur. Certains vont même jusqu’à acheter quelques souvenirs fétiches censés porter bonheur. Et c’est parti pour déjeuner au « Orchid Country Club », un des plus chics de la ville. Cette fois, en plus du plat que je mange pour la troisième fois de suite, il y a toute une série de spécialités locales, qui ne sont franchement pas mauvaises du tout… à part le dessert auquel aucun des occidentaux ne voudra toucher. Souvent les desserts sont réalisés à base d’ingrédients salés, comme par exemple avec des haricots ou du riz. Quand l’aspect vous donne envie, le goût ne correspond pas du tout à ce à quoi vous vous attendez. Et ça, c’est dans le meilleur des cas, car le plus souvent, vous vous demandez comment diable l’on peut avaler « ça ». Le soir, nous avions rendez-vous avec Nicole et Stephen au Little Bali. Un coin magique, un peu en dehors des quartiers les plus vivants. C’est un restaurant sur terrasse (un luxe ici, donc), et ils y ont effectivement recréé une ambiance tout à fait balinaise entre les fleurs, le bois, et la musique… chaque table est dans son petit coin, et la nourriture est très bonne. Les récits des voyages et des émotions des derniers jours s’enchaînent. En nous quittant nous nous promettons de ne pas laisser passer plus d’une semaine jusqu’au prochain rendez-vous.

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