mercredi 19 mars 2008

LA SAINT-VALENTIN ET AUTRES CONTES

Le 14 Février, jour de la Saint-Valentin. C’est la première fois que je la « fête » vraiment… A midi, nous déjeunons tous les deux dans un restaurant de pâtes et pizzas… japonais ! Petit tour ensuite dans une salle de jeux – Gaëtan me montre fièrement ses prouesses au volant d’une voiture. Le soir, il voulait m’emmener dans un restau français à Little India, qui apparemment – et effectivement d’ailleurs- ne paye pas de mine, mais qui a bonne réputation. Il y a un monde fou dans les rues. Des hommes indiens partout, difficile pour le taxi de se frayer un chemin. On se croirait vraiment ailleurs qu’à Singapour, quelle ambiance ! Devant le restaurant, c’est la queue. On ne pouvait pas réserver… tant pis, nous faisons demi-tour et demandons à aller aux « Bouchons », le français qui est au bord de la Rivière et que nous avions déjà bien aimé. Miam, que c’est bon ; … et romantiiiiiiiiiiiiique, surtout!
La semaine passe vite, c’est déjà vendredi. A midi, je retrouve Yumie et Sonja pour une partie de crêpes dans l’un des centres commerciaux, pas très loin de mon bureau. On se raconte nos vacances de « Chinese New Year », Sonja nous annonce qu’elle ne restera pas au-delà de son contrat qui termine en avril. Sur le chemin du retour, je m’arrête dans une boutique par laquelle j’avais passé la veille. Attachez-vous bien : l’intégralité de la boutique a changé pendant la nuit. Ca n’a plus rien à voir, ils font les soldes, mais avec des habits complètement différents, et de bien moins bonne qualité. En Suisse ce serait interdit, il faut que tous les vêtements aient été exposés dans la boutique pendant au moins trois mois pour qu’il puisse y avoir des soldes. Ca me fascine aussi de voir tout le travail qui a été accompli de nuit, car les magasins ne ferment qu’à 22h… Ce week-end il y a de nouveau des célébrations, certains quartiers sont complètement fermés et c’est la croix et la bannière pour rentrer. Nous sommes un peu en retard pour le dîner d’Ines. Avec Sasha, ils ont aussi convié Désirée dont le copain (collègue du Credit Suisse) est actuellement en Suisse pour affaires, et Myriam qui est une collègue du Credit Suisse. Leur appart est vraiment « class », avec une très belle vue et surtout beaucoup de fenêtres, parfois inattendues, comme en dessus et en dessous des étagères de la chambre à coucher – soit au niveau du sol. La cuisine est un rêve, avec des appareils ultra modernes. Ines s’est donné beaucoup de peine pour la déco de la table. Ca fait plaisir à voir, et cela va de paire avec la présentation des plats… j’aimerais bien aussi avoir cette main magique! C’est vrai que c’est très important et que l’on mange aussi avec les yeux… Mmmh, je sens que je vais bientôt faire une virée au rayon des plats thaïlandais de Ngee Ann City !
Samedi, grandes discussions autour de la gestion de l’appart, et de la distribution des tâches. C’est décidé, on va prendre quelqu’un pour repasser deux heures par semaine. Ici les tarifs sont ridicules, on pourra même donner plus. Puis l’après-midi, nous faisons une petite ballade et quelques courses. Il nous faut préparer un dessert pour le dîner de ce soir chez Carmen et Marcel, avec Gosia et son mari. Les deux filles sont des collègues suisse-allemandes de Gaëtan. Ils ont préparé avec grande peine une gigantesque paella – ah, un petit goût de l’Espagne ! Les deux couples sont férus de sport, à en entendre les récits et voir la machine de musculation… « euh, oui, nous aussi on fait régulièrement du sport, ehem, ehem ! » La soirée se prolonge bien tard, et tout ça en anglais… ça fait travailler les neurones !
La veille j’avais raconté qu’en Suisse, Gaëtan allait chercher des croissants à la boulangerie du coin, quand j’étais estropiée… petite remarque qui a porté ses fruits !!! Dimanche matin, Gaëtan revient non seulement avec les meilleurs croissants d’ici, mais en plus avec un café au lait du bistrot que j’aime bien. Que de petites attentions, une journée qui commence merveilleusement bien ! Après quoi, il est déjà passé midi, nous partons à Sentosa pour un petit programme de ce qui nous reste à faire : l’aquarium, le spectacle des dauphins et la « luge ». Le premier est un peu décevant, celui de Kuala Lumpur était bien mieux fait et surtout moins bondé de monde. Au spectacle, je loupe ma chance d’aller toucher les dauphins – un peu par timidité. Quant à la luge, grandes émotions. D’abord il nous faut prendre un télésiège drôlement haut, et cela fait tout bizarre de ne pas voir de neige en bas… on n’a pas vraiment l’habitude. Ensuite, lors de la descente – un peu courte par contre – c’est la course entre nous deux. Ce sont plutôt de minis voitures, un peu comme dans un « kart ». Le soir, après quelques appels téléphoniques, dont Belén à qui je n’ai pas parlé depuis plusieurs mois, nous nous installons devant une série sur la Deuxième Guerre Mondiale pendant que j’attaque trois longues heures de repassage – pour la dernière fois heureusement puisqu’on s’est décidé à prendre quelqu’un.
Les semaines défilent, nous voilà déjà lundi 18 février. A midi, cela devient une habitude, je retrouve Yumie et Sonja au Bali Thai pour un déjeuner onéreux, et pas très satisfaisant. Mais les conversations vont bon train, tant et si bien que nous en oublions l’heure. Le soir, poussés par les impressions de nos hôtes du samedi soir, nous allons voir le fameux film du réalisateur suisse Marc Foster « Les cerfs-volants de Kaboul ». Un film époustouflant, aux intrigues en cascade, mêlées les unes aux autres par des épreuves et des sentiments très forts. Impensables aussi, des images de Kaboul qui font rêver ; alors que jusqu’à présent je n’ai vu que des scènes de guerre et de désolation. Très émouvant en somme. Je me réjouis de lire le bouquin que Gaëtan s’empresse de me commander le lendemain.
Mardi, n’ayant rien à midi, je hère dans les nombreux magasins puis organise des courses et leur livraison au Carrefour en dessous de ma tour. On y trouve de tout c’est tellement pratique, et je repère même une marque de produits un peu plus « du terroir »… un petit goût d’Europe dans votre assiette ne fait pas de mal de temps en temps ! Le soir, nous dînons tous deux sushis avec Yves. Il nous parle beaucoup du prochain accouchement de sa femme Aldina. Déjà le troisième enfant, et ce sera en Suisse.
Le lendemain, le prochain départ de Christine se fait sentir, puisque nous déjeunons avec un petit groupe de notre boîte – mais sans elle – ainsi qu’une délégation de notaires qui s’occupent de nous. Ambiance très sympathique pour un dernier « Low Hei », mais glaciale dans ce restaurant chinois qui a choisi de mettre l’air conditionné à fond. Steve et moi avions opté pour un coca cola, mais demandons rapidement un thé comme les autres ! Le soir nous retrouvons Nicole et Stephen pour une partie de bowling, qui commence très mal pour moi - qui n’ai dû jouer que deux fois dans ma vie… mais grâce aux conseils de Gaëtan notamment, je m’améliore un peu et parle déjà de revanche ! Les autres s’empressent de me rétorquer qu’ils ont tellement de courbatures aux bras, que je suis priée de ne pas y faire allusion pendant un certain temps !
En guise d’adieux, nous avons fixé un déjeuner d’adieux pour Christine aujourd’hui, 21 février. Notre CEO nous invite, toute la bande, dans un prestigieux hôtel dans le coin. Nous y dégustons tout un tas de spécialités, dont le célèbre « Abalone » (Ormeau en français, apparemment). Il s’agit d’une délicatesse, un poisson extrêmement difficile à pêcher je crois, et surtout au style de cuisson très particulier. Ce que je goûte dans mon assiette ressemble à de la viande tellement c’est tendre. Incroyable. Plus tard, juste avant le dessert, je joue le fameux « truc » des cure-dents de papa : c'est-à-dire montrer le battement de mon cœur en faisant sauter l’un d’entre eux sur l’autre. Tellement occupés à essayer eux-mêmes, ils ne me remarquent pas en train de rire sous cape. Qu’une personne y croit, soit, mais toute cette assemblée?! Quand je pense que papa nous avait fait mariner pendant des années avant de nous dévoiler le « truc »… Ah, Christine, je me demande bien comment je vais réussir à tout suivre. La vérité je me sens encore très débutante, même si cela semble devoir rester très administratif. Ce soir est un grand jour, en effet Gaëtan a organisé une partie de poker avec quelques collègues et amis, tandis que je suis conviée à une soirée barbecue entre « nanas ». Je prépare encore un grand cake au chocolat… pour nous… et un tout petit… pour eux. « Egoïste, moi ?? » Non, non, nous sommes trois fois plus nombreuses qu’eux !!! Martina notre hôte nous accueille dans un des plus luxueux complexes de la ville, avec une piscine gigantesque digne d’un hôtel 5 étoiles, des bars et « lits » surélevés, aux milles coussins. Le coin où nous nous réunissons est composé de canapés et fauteuils, d’une grande table et d’une cuisine avec barbecue et tout le nécessaire – y compris la vaisselle. Le bar change de couleur toutes les minutes… quelle ambiance ! Cette soirée très sympathique se termine plus ou moins par le retour de son ami – nous restons encore un petit moment avec Ines et Anna qui habitent toutes les deux à côté de chez nous. Chose incroyable, j’apprends ce soir là – entre deux fous rires partis d’imitations d’accents dans différentes langues – que les anglais n’apprennent pas de grammaire à l’école, et ce serait la raison pour laquelle ils ont tant de peine à apprendre les langues étrangères. Je n’en reviens pas !
Le lendemain nous déjeunons tous les deux – des sushis pour varier un peu – et mon après-midi passe vite car vers 17h on nous appelle de l’autre étage. Notre CEO veut voir « tout le monde, tout de suite »… ah bon ? On lâche tout et on y va… pour une belle surprise : deux magnums de champagne pour accueillir des amis de passage, et célébrer la bonne marche des affaires. « Juste comme ça ? – Eh bien si… » Je retrouve Gaëtan à la maison ce soir-là, alors que d’habitude nous rentrons ensembles en bus. Je m’installe alors devant mon cher film « Tout pour Plaire » pendant qu’il effectue quelques téléphones. Ce film, je l’ai déjà vu une bonne dizaine de fois, mais ne parvient pas à m’en lasser. Il me rappelle tant notre trio avec Maud et Flavia, et je réalise d’autant plus en le visionnant à quel point nos petites folies à toutes les trois me manquent.

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