samedi 31 mai 2008

Nikoi

Ce n’est pas ce vendredi matin qu’on prendra du temps pour la toilette et le petit déjeuner. Ni une ni deux, on file chacun sous la douche à tour de rôle, on boucle la valise et c’est parti, on est dans le taxi. « Good morning Sir, to Tanamera Terminal, please ». Aha, c’est donc ça, on va aller sur Batam, je me dis, l’île à côté de Bintan. Mais je n’obtiens pas plus de renseignements… Une petite demi-heure nous sépare du port. Quand nous nous installons enfin dans la salle d’attente, Gaëtan me dit enfin où l’on va : d’abord sur Bintan, mais ce ne sera pas notre destination finale. On a encore une heure de route pour traverser l’île, puis une demi-heure sur un petit bateau de pêcheur… et nous arriverons sur une petite île déserte, avec seulement six maisons. « wow, la classe, ça promet ! » Le voyage passe assez vite, je commence les récits sur le Vietnam, profite ensuite des paysages de Bintan une fois sur la route. Et pour la deuxième traversée en bateau, on s’installe à l’avant. Quel bonheur d’avoir le soleil et le vent dans la figure et les cheveux. Nous ancrons non loin de l’île, une petite barque vient nous chercher. Quelle histoire pour faire passer les bagages et deux petits enfants d’une embarcation à l’autre. Pour terminer, il nous faut sauter non pas à terre mais dans l’eau ! C’est plutôt aventureux quand on pense que j’ai la responsabilité de l’ordinateur entre mes mains ;-) Tout le monde se retrouve au bar, enfin, nous et une famille. On nous accueille avec un délicieux cocktail à la banane et au miel, puis c’est la distribution des chambres - ou plutôt des villas. La nôtre est la première. Il y a un salon au rez-de-chaussée mais c’est en pleine nature (sans murs j’entends). Il y a aussi une salle de bain et encore un accès à la plage. On monte les escaliers et on se retrouve dans la chambre à coucher. Un petit coin de paradis : au milieu trône un immense lit avec sa moustiquaire, devant deux chaises sur le balcon, elles donnent face à la mer, et on est vraiment à moins de dix mètres. La façade sur la mer est ouverte, mais on peut la fermer avec des portes en verre. Sur les côtés par contre, il y a des fenêtres, mais pas de vitres. A l’arrière il y a la salle de bain très moderne et une penderie pour les habits avec un petit coffre pour les valeurs. A aucun moment nous n’avons passé de porte. C’est un peu bizarre, mais comme je viens d’écrire, cette île est déserte et on n’y craint rien. Nous avons à peine le temps d’admirer tout cela et de nous installer que déjà c’est l’heure du déjeuner. Ici il n’y a pas de choix de plats, mais c’est très adapté à l’occidentale avec des touches asiatiques. Quelles salades, quels poissons, et surtout quel régal que ces fruits frais cueillis le matin ; et ceci, tout au long du séjour ! Deux immenses tables sont dressées et chaque groupe a son petit coin. On n’engage pas trop les conversations avec les autres, c’est un peu dommage. Après ce délicieux repas revigorant, nous filons dans la chambre et nous installons un moment sur le balcon, c’est magnifique comme vue. Le bruit des vagues et ce paysage m’inspirent pour la rédaction du blog. Je me verrais bien devenir écrivain dans pareil décor ! En fin d’après-midi, nous migrons vers la plage. Ici les sports sont gratuits, nous débutons par du kayak. Entre Gaëtan qui a un peu peur des courants et moi qui en fait pour la première fois, ce n’est pas très réussi comme première sortie, mais on s’amuse bien quand même. On bronze un peu en nous séchant, et on rentre dans notre petite maison pour un coucher de soleil sur le balcon avant de ressortir dîner. Il fait vite nuit ici, comme à Singapour. La mer est très calme ce soir, il règne une ambiance bien paisible. Le dessert affiché sur le tableau noir est une crème à la mangue… ça a l’air très bon, mais je n’ai vraiment plus faim. On est les derniers à table, je sens aussi la fatigue me gagner. Au moment où j’allais en parler, Yogi le barman vient chercher Gaëtan. « Il faut que je vous montre quelque chose ». Gaëtan paraît un peu surpris mais le suit avec un sourire au coin de l’œil. Mais de quoi diable peut-il bien s’agir ? Peut-être lui fait-il une proposition pour organiser un moment romantique ? Suspens... Il revient cinq minutes plus tard. Un peu par fierté, un peu je ne sais pourquoi, je ne lui pose aucune question et me dit que j’attendrai qu’il m’en parle. Mais il ne me dit rien à ce sujet. Curieuse comme je suis, cela m’intrigue de plus en plus. Quand à lui, il a rarement fait autant d’efforts pour maintenir une conversation régulière qui m’empêcherait de poser LA question. Soudain, l’idée me revient que je ne voulais plus de dessert et je lui en fais part. « Je goûterai un peu du tien, ok ? » A sa tête, je comprends que j’ai touché le point sensible. « Non, stp, ne dit rien ». Aha, ça doit être un gâteau d’anniversaire. Bingo ! Mais par contre je ne m’attendais pas à cette petite fanfare d’instruments de cuisines qui l’accompagnerait ! Qu’ils sont touchant : tous là et avec les moyens du bord ! Ils chantent « hapy birthday » puis la même version en indonésien et déposent devant mon nez un gâteau au chocolat avec mon prénom dessus… Et moi qui n’avais vraiment plus faim ! Tant pis alors, il va falloir en manger. « Merci merci, je suis vraiment touchée. Quelle chouette et originale surprise ! » Tout ça restera gravé puisque Gaëtan mitraillait de son appareil photo. La plage elle-aussi est déserte, et si nous allions nous y promener. Sans toutes les lumières d’une ville, et avec une nuit aussi claire, on voit une quantité d’étoiles impressionnante. Quant à la lune, presque pleine, elle éclaire la nuit de tout son feu, faisant ainsi briller le sable fin de la plage. La lumière ainsi dégagée est unique. Nous nous installons sur une chaise longue et fixons le ciel, émerveillés. Quand soudain : « ouah, une étoile filante, tu l’as vue ? – Oui ! » Je crois qu’on peut faire un vœu…

La nuit a été bien longue entre la chaleur, le bruit des vagues et les moustiques. Vers le milieu de la nuit, nous avons même décidé de mettre les boules-kiess. Mais cela avait quelque chose de magique, on se serait dit dans un autre monde. Il est aux environs de sept heures quand nous nous levons. Il fait plus que jour dans la maison et le soleil brille à fond. Nous descendons prendre un petit déjeuner, avec des jus d’ananas cueillis le matin-même, c’est indescriptible. Le café, lui, est légèrement moins bon par contre… Ensuite c’est parti pour une ballade du tour de l’île. C’est encore en construction, nous croisons des ouvriers ainsi que l’un des propriétaires et architecte. Ce dernier nous raconte un peu sa vie. Il était capitaine la première fois qu’il est venu en Asie, il est tombé amoureux de la région. D’après lui, les javanais sont le peuple le plus gentil qui soit. La promenade se termine par une petite aventure entre la varappe et les passages sous les toiles d’araignées. C’est une chouette promenade d’une demi-heure, pour vous dire à quel point c’est petit ici. Après le déjeuner, un peu de sport: cayak à nouveau, snorkling et un essai complètement raté de windsurf. Il faut quand même dire qu’ils n’ont pas de dérive ici… « tout » s’explique ;-) Puis nous passons un moment sur notre balcon et profitons du dîner. C’est toujours aussi bon, et j’aimerais bien être capable de refaire la même chose. Après le dîner, nous nous décidons à aller voir Yogi et son bar, mais à sa place ce sont les deux jeunes jumeaux qui le tiennent. Nous discutons un peu avec eux, et je me dis que c’est quand même drôlement moche d’employer de si jeunes garçons. Même s’ils leur donnent un toit et des cours d’anglais à ce que j’ai pu lire. Nous discutons un peu avec eux, c’est vrai que leur anglais n’est pas si mauvais. Et là, nous apprenons qu’ils ont encore un frère (les triplés s’appellent Gaspard, Balthazar et Melchior) et qu’ils ont le même âge que mon frère. Ah tiens, j’aurais pensé quatorze tout au plus ; ça va alors ! Bon, il est temps de se retirer dans notre maisonnette. Bonne nuit !

Cette deuxième nuit est moins difficile, nous avions les boules- kiess dès le départ. Par contre en termes de piqûres, je me suis à nouveau fait dévorer, alors que Gaëtan constate qu’il n’en a qu’une ou deux. Il a bien de la chance de ne pas faire les mêmes réactions que moi ! Le temps est plus mitigé ce dimanche. Après le petit-déjeuner nous essayons un peu de snorkling, mais on ne voit pas grand-chose. Et à part ça, je vois une méduse piquante à moins de deux mètres. Tirons nous ! J’aurais bien voulu essayer le catamaran, mais ce sera pour une autre fois, il faut encore finir les bagages et déjeuner. Petit soucis, Gaëtan repère que le bateau qui est censé nous ramener à terre – enfin, si l’on puit dire car Bintan est également une île, sans parler de Singapour – semble être en pleine réparation. Il n’est pas très tranquille à l’idée de rester coincé ici, mais je dois dire qu’entre la perspective de retourner travailler et celle de rester ici, mon choix est vite fait. Sur Bintan il pleut, il faut se dépêcher de passer du bateau à la voiture. Notre chauffeur est très bavard et nous explique un peu toutes les différentes plantations que nous traversons. A l’embarcadère, nous achetons encore un polo pour Monsieur et une bouteille de Martini, et puis c’est parti Devinez ce que nous mangeons en arrivant ? Des sushis, comme d’habitude !

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